
Un appel au discernement
Dans ce mois édition de Jeune foi, nouveaux horizons, nous explorons comment la littératie médiatique devient un outil essentiel pour les jeunes catholiques africains. Littératie médiatique non seulement les équipe pour se protéger de la tromperie numérique, mais aussi pour promouvoir activement la vérité, la justice et l'évangélisation dans un monde en ligne de plus en plus complexe.
En fait, alors que l'intelligence artificielle, la désinformation et l'activisme numérique remodelent le paysage médiatique, les jeunes sont de plus en plus exposés à des contenus trompeurs, en particulier sur des questions de foi et de doctrine. Les plateformes de médias sociaux comme Facebook et TikTok ont amplifié les récits théologiques, allant de la prospérité aux promesses évangéliques à des vues antiscientifiques sur la sexualité, créant la confusion et les conflits spirituels entre les jeunes. Il ne fait aucun doute que ces mensonges numériques présentent de sérieux risques pour les jeunes qui sont les protagonistes du numérique : ils peuvent saper la confiance dans l'Église, briser les communautés religieuses et induire les fidèles en erreur.
Dans des contextes où la désinformation peut alimenter la violence et déformer les enseignements religieux, l'alphabétisation des médias devient une nécessité et un outil d'espoir, de paix et d'autonomisation pour les jeunes. Pour eux, la littératie médiatique est un moyen de récupérer leurs espaces numériques, non seulement en tant que consommateurs, mais aussi en tant que créateurs et porte-parole. Cependant, sans compétences médiatiques critiques, ils risquent de devenir des consommateurs passifs de contenu plutôt que de discerner les participants sur la place publique numérique. Bien sûr, il ne s'agit pas seulement de vérifier les faits. Il s'agit de cultiver l'humilité intellectuelle, la clarté théologique et la responsabilité éthique. Il s'agit de poser les bonnes questions : Qui parle ? Quelle est leur intention? Comment cela s'harmonise-t-il avec les valeurs évangéliques? Etc.
Bâtir une génération numérique
Dans toute l'Afrique, l'Église catholique adopte une attitude proactive face au défi de la littératie médiatique. Par exemple, les apostolats, les séminaires et les diocèses des médias lancent des programmes pour doter les jeunes des compétences dont ils ont besoin pour naviguer dans la complexité du monde numérique.
Le programme Adyfi (Africa Digital Youth Faith Influencers) est un exemple remarquable. Ce programme de certificat de sept modules, offert en collaboration avec des universités du Nigéria, de l'Ouganda, de la Zambie, du Kenya et de la Côte d'Ivoire, enseigne aux jeunes catholiques l'évangélisation numérique, l'enseignement social catholique et l'engagement éthique dans les médias. Les participants apprennent à créer du contenu et évaluer critiquement les récits, contester la désinformationet construire des communautés en ligne enracinées dans la vérité et la charité.
Mgr Godfrey Onah, évêque du diocèse de Nsukka au Nigeria, a plaidé pour la formation numérique, appelant les jeunes à « réévangéliser les périphéries numériques ». Son message est clair : l'Eglise ne doit pas se retirer du monde numérique ; elle doit le transformer. De plus, au département des études pastorales et de communication de l'Institut catholique d'Afrique de l'Ouest, Sr Titilayo Aduloju, SSMA, enseigne les médias et l'information (MIL) aux étudiants à tous les niveaux dans l'intention non seulement de devenir eux-mêmes alphabétisés par les médias, mais aussi de devenir des agents de propagation des principes de MIL à d'autres étudiants et jeunes.
Au Kenya, des jeunes leaders comme Claire Kiragu ont souligné l'importance de sensibilisation du public et précision théologique dans l'évangélisation des médias sociaux. Au cours des manifestations menées par le Gen Z contre le projet de loi de finances, des jeunes catholiques ont utilisé des plateformes comme TikTok et X (anciennement Twitter) pour démanteler de fausses revendications, clarifier les enseignements de l'Église et mobiliser des plaidoyers pacifiques.
En Afrique du Sud, des groupes de jeunes catholiques se sont associés avec des organisations de la société civile pour diriger des centres de contrôle des faits basés sur WhatsApp, ciblant la désinformation virale sur les élections, les vaccins et les controverses religieuses. De plus, des médias catholiques comme Radio Maria Uganda, Lumen Christi TV Nigeria et CanaanTV Kenya intègrent l'éducation aux médias dans leur programmation jeunesse, proposant des ateliers sur la détection de fausses nouvelles, la narration éthique et les dimensions spirituelles de la vie numérique.
Les ministères de la jeunesse du Ghana, du Rwanda et du Cameroun lancent des campagnes sur la vertu numérique, mettant l'accent sur le respect, la charité et l'humilité dans les interactions en ligne. Il s'agit notamment des promesses d'éviter les commérages, de résister au clickbait et de donner la priorité à un dialogue constructif. Dans la catéchèse paroissiale, l'alphabétisation des médias est liée à la théologie morale. Les jeunes sont encouragés à réfléchir à leurs habitudes numériques : Mes postes reflètent-ils ma foi ? Est-ce que je construis ou je démolis ? Est-ce que j'utilise ma voix pour guérir ou pour nuire ?
La voie à suivre
À une époque où les algorithmes façonnent la croyance et la viralité souvent prime la véracité, l'Église doit former des jeunes qui ne sont pas seulement techno-sauvage mais aussi spirituellement sages. L'éducation aux médias n'est pas un luxe; c'est une forme de disciple, un moyen de vivre notre foi dans un monde numérique. Par conséquent, les jeunes catholiques africains devraient tenir compte de cet appel. Ils doivent devenir des missionnaires numériques, des véridiques et des bâtisseurs de ponts. Ils doivent être prêts à récupérer l'espace numérique, non pas avec peur, mais avec foi, courage et passion pour la vérité. Alors que nous traversons cette ère de l'information, nous devons nous rappeler que la vérité n'est pas seulement un fait, c'est une personne. Et en Christ, nous trouvons le courage de parler, de partager et de vivre cette vérité avec hardiesse

