NAIROBI, KENYA – Du 10 au 12 juin 2025, le 4e Réseau Mondial de Recherche Convocation s'est réuni à l'Université Catholique d'Afrique de l'Est (CUEA), mettant en lumière le rôle central, mais souvent sous-estimé, des femmes consacrées africaines dans la promotion du développement durable. Organisé sous l'égide du Centre de recherche sur la vie religieuse et l'apostolat (CERRA) Africa Symposium, ce forum mondial s'est déplacé au-delà du discours religieux traditionnel, plaçant la vie consacrée comme un moteur de la transformation sociétale.
Le thème du symposium, « Les femmes consacrées en Afrique : créer un impact mondial grâce au développement durable », a souligné un changement narratif crucial : de voir la vie religieuse comme une vocation purement spirituelle à la reconnaissance de ses contributions concrètes dans des secteurs clés. Les discussions ont porté sur la formation, l'éducation, la santé, les soins aux aînés et les ministères novateurs, mettant en lumière les diverses façons dont les religieuses s'engagent aujourd'hui dans les défis pressants.
Bases théologiques pour une action pratique
Un élément important de la convocation a été la célébration eucharistique d'ouverture, présidée par Mgr. Luciano Labanca, Chargé d'affaires de la Nonciature apostolique au Kenya. Son homélie a fourni un cadre théologique profond pour les discussions pratiques ultérieures. L'accent mis par Mgr Labanca sur la « fidélité inébranlable » de Dieu et sur la « solennité et l'irrévocabilité de l'appartenance à Dieu » a été un puissant rappel que la genèse de la vie consacrée est un « oui » divin, fondement d'une réponse humaine radicale et reconnaissante.
L'affirmation de Mgr Labanca selon laquelle « la consécration n'est pas un privilège retiré de la réalité, mais une immersion au cœur des défis historiques » a résonné tout au long du symposium. Cette déclaration défiait directement toute perception de la vie religieuse comme détachée des préoccupations du monde, la dépeignant plutôt comme une force profondément engagée et proactive. Son appel à "une vie spirituelle intense, une fraternité authentique et une conversion continue du cœur" ainsi qu'à la compétence et aux réalisations académiques a souligné l'équilibre essentiel entre profondeur spirituelle et efficacité pratique nécessaire pour un impact durable. Le message était clair : le développement durable, en particulier sur un continent rempli de ressources humaines et spirituelles comme l'Afrique, nécessite une synthèse de la base spirituelle et de l'engagement actif.
De la recherche à l'action : un écosystème collaboratif
Le symposium n'était pas seulement un forum de discussions théoriques, mais un lien pour la recherche et la collaboration orientées vers l'action. La participation diversifiée, qui va au-delà d'une représentation éminente pour englober des réseaux complexes, a mis en évidence la vaste portée de la recherche du CERRA en Afrique et de ses partenaires.
La présence visible de l'Association des femmes consacrées d'Afrique orientale et centrale (ACWECA) et de ses associations membres, notamment l'Association des sisterhoods du Kenya (AOSK), l'Association zambienne des sisterhoods (ZAS), et d'autres, a souligné le réseau régional fort. Cependant, la profondeur du symposium a été vraiment révélée par l'inclusion d'organisations comme l'African Sisters Education Collaborative (ASEC), le Partenariat Bakhita, le renforcement des capacités des femmes religieuses dans le développement de la petite enfance (SCORE ECD) et l'initiative Catholic Care for Children (CCC). Ces entités, engagées dans des travaux critiques sur le terrain, ont démontré le lien direct entre la vie consacrée et les objectifs de développement durable des Nations Unies.
L'inclusion de réseaux de soins pour les sœurs âgées, comme l'Association kényane des sœurs âgées (CASAK), illustre davantage l'approche holistique du bien-être communautaire défendue par les femmes consacrées. L'appui substantiel de la Fondation Conrad N. Hilton est apparu comme un catalyseur essentiel, permettant au CERRA-Afrique de recueillir et d'analyser des données cruciales pour la compréhension et la durabilité de la vie religieuse.
CERRA Afrique: un modèle de recherche synergique
Au cœur du projet, CERRA Africa elle-même témoigne d'une collaboration puissante, réunissant l'Association des sisterhoods du Kenya (AOSK), l'Université catholique d'Afrique de l'Est (CUEA) et l'Université Tangaza. Cette synergie locale a été encore amplifiée par la présence de partenaires internationaux comme le Center for Applied Research in the Apostolat (CARA-USA) basé aux États-Unis et d'autres centres de données dirigés par des religieux du Cameroun, du Mexique et de l'Inde. Ce réseau mondial de recherche et d'analyse de données est crucial pour comprendre l'évolution du paysage de la vie consacrée et maximiser son impact sociétal.
La participation active de l'ACWECA, en tirant parti de la plateforme d'apprentissage et en tirant parti de la recherche axée sur l'action, met en lumière l'approche pragmatique du symposium. Leurs délégués ont partagé une vaste expérience pratique en matière d'éducation, de soins de santé, de soins aux personnes âgées, de protection de l'enfance, de lutte contre la traite des êtres humains, de lutte contre l'immigration et de promotion de l'adaptation au climat.
L'héritage éternel de la sainteté et de l'impact
Les remarques finales de Mgr Labanca, faisant écho au pape Léon XIV, ont servi de conclusion puissante : « Il n'y a pas d'impact sans mort. Il n'y a pas de développement durable sans sainteté." Cette déclaration profonde résume l'essence même des conclusions du symposium. Il suggère que l'impact réel et durable des femmes consacrées, en particulier dans le contexte du développement durable, découle non seulement de leur travail pratique mais d'un engagement spirituel profondément enraciné. Leur "fidélité silencieuse et quotidienne" est le socle sur lequel sont bâties les structures pour le bien, en les rendant indispensables "sel de la terre" et "lumière du monde" dans un continent qui aspire à l'espoir et à la transformation.
La 4ème réunion du Réseau mondial de recherche n'a donc pas été qu'un rassemblement de chercheurs et de personnalités religieuses. Elle a servi de plate-forme critique pour réévaluer et reconnaître le pouvoir de transformation des femmes consacrées en Afrique, renforçant leur position d'architectes indispensables du développement durable et d'un changement sociétal durable. Enracines dans la foi et vivant par l'action, leur dévouement durable promet un avenir où les communautés prospèrent dans le développement et l'espoir.