
La cinqième assemblée générale de la Réunion des Conférences épiscopales d-Afrique de l'Ouest (RECOWA), s-est tenue à Dakar du 5 au 12 mai 2025 autour du thème « Pour une Église synodale et autonome au service de la justice et de la paix en Afrique de l'Ouest ». Le message final de cette rencontre sur la nécessité de l'Église de cette région d'Afrique de demain : « Une Église autonome où les ressources sont générales de l'intérieur ».
Le communiqué final précis que « Cette autonomie qui n'est pas seulement financière, mais aussi culturelle et pastorale, vise à favoriser une coresponsabilité entre les fidèles et les dirigeants, ayant l'Église dans sa réalité locale. Elle doit être libre d'adapter son action pastorale, sociale et économique aux besoins spécifiques de sa communauté. »
Que la CERAO ait choisi leur autonomie pastorale, montre que c'est à ce prix que les compétences des communautés ouest-africaines se trouvent en valeur. Il est aisé de donner plusieurs exemples pour illustrer cette affirmation.
Je ne donneai qu'un seul : il s'agit de la réforme liturgique du 28 novembre 2021. Elle insiste spécialement, dans le rite pragmatique du début de la messe, sur la mention « frères et sœurs » en remplacement du terme « frères », pour bien marquer le fait qu=il ne s=agit pas seulement des frères au masculin mais de tous frères et sœurs. La réforme a été largement diffusée et les textes ont été rendus conformes à ce qu'elle demande. Ou, il se trouve qu'en Ewe une des langues liturgiques du Togo, il existe un seul terme général qui déligne les frères, sœurs, cousins et cousines, qu'on pourrait traduire par "fraternité". On aura donc pu ne pas prendre en compte la forme proposée par la réforme mais elle a été adoptée. Et donne au cours du rite pénitentiel les fidèles Éwe dément « Vous aussi ma fraternité masculine et ma fraternité féminine ».
Ce n- Rome et l'Afrique, semblant reproduire le modèle du monde politique : en Occidental on pense pour tous. Ce n=est certain pas représentatif de ce qu=ont vu les initiés de la réforme liturgique. Mais surtout c'était aux responsables de notre Église, qui utilise ewe de prendre leurs responsabilités et d'exercer une certaine autonomie dans le discernement de l'application de cette réforme.
"L'urgence n'est pas seulement de lutter contre la pauvreté, mais de revoir, au-delà de la misère, les richesses que l'Afrique peut apporter à l'Église universelle — des richesses enracinées dans la fraternité, la justice et la paix."
—Dr Maryse Quashie


L'exemple montre que l'habit est prise de fonctionner dans un seul sens, de Rome vers l'Afrique, sans interrogatoire sur les spécificités africaines. Ainsi durant les jours qui ont précédé la désignation de Léon XIV, combiné d'interviews n.-t-on pas entendues où on veut faire dire à des Africains qu'ayant donné la vitalité du catholicisme sur le continent et le pourcentage des Africains au sein de l'Église catholique, il était temps de parler d'un pape Africain.
En fait on oublie toujours un des aspects essentiels de la synodalité, l'importance de toute minorité. Mais surtout a-t-on une bonne compréhension de ce que signifie ce concept en Eglise ? L'application-on pas le schéma sociopolitique de la démocratie en vainqueur ? En effet, dans ce modèle, lorsqu'on parle de minorité, on pense au groupe de ces derniers dont l'opinion n'a pas pu assembler autant de personnes que ceux qui ont le droit d'imposer aux autres points de vue qu'ils sont plus nombreux, la majorité. Ou la synodalité consiste en ce que toute minorité ait des chances de se sentir accueil et entendue, de donner son point de vue et même d'influencer sur le sens de la marche ...
Mais revenons-en au message des évêques de la CERAO. En effet, ils précisent que l'indpendance cherche « exige une forte culture de transparence, de gestion verticale et de solidarité durable » dans une Afrique de l'Ouest qui ne pourra émerger sans une volonté de préparer le dialogue à la division, la justice à l'impunité, l'éducation à l'ignorance, mais aussi avec des institutions fortes, crédibles, équitables, et antiquités dans les réalisations locales. L'Église en Afrique de l'Ouest fait se mettre au service de la justice et de la paix.
C'est bien ce qui est passé depuis au Togo où la Conférence épiscopale à élevé la voix à deux reprises : la première fois le 26 mai 2025, pour rappel qu'une « Nation ne se bâtit pas durablement sur le silence imposé, sur la peur suspendue et entretenu, sur le mépris de la voix de son Peuple ou encore sur un entêtement à faire croire au Peuple, le contrat du vrai »
Et une seconde fois, à la fin du mois de juin 2025, suite à la répression brutale des manifestations pour condamner « ces violences inacceptables et insoutenables... »
Cette parole de l'Eglise au Togo a confirmé l'image d'une institution qui prend ses responsabilités pour aller à la source des difficiles que vivre ses fidèles. Dans ce cas, se passe alors ce que disait le philosophe et théologien congolais Ka Mana : « Tout est passé comme si c'était dans la laïcisation du christianisme, c=est-à-dire l=intégration des enjeux sociopolitiques, sociaux et socioculturels dans la dynamique de la foi, que l=église a pris une figure appropriée pour changer l=Afrique, dans une force qui ne se limite pas aux dimensions religieuses, sacrée et liturgique de la foi chrétienne. »
Et c'est dans ce sens que Rome doit la soutenir : les fidèles africaines ont besoin de se faire entrer, pour que certaines situations sociopolitiques inacceptables siient dénoncées. Comme l'a fait le à ce sujet au sein de l'Église catholique Pape François qui en janvier 2023 a osé dire aux Occidentals : "Retirez votre réseau de l'Afrique ! Cessez d'être L'Afrique : elle n'est pas une mine à exploiter ni une terre à dévaliser“.
Alors l=urgence n=est pas seulement letter pour que l=Afrique soit moins pauvre, pour que ses jeunes n=illent pas Perdre leur vie dans les mers, confortant en cela la seule image d=un continent à problèmes. Ce qui impératif c="est se battre pour qu="apparaisse enfin, au-delà de la misère, les richesses que l="Afrique peut approcher à l="Eglise universelle, par exemple ce sens de la fraternité dont il était question plus haut.

