ADDIS ABABA, Éthiopie (sept. 7, 2025) – Dans une déclaration puissante du Sommet sur le climat en Afrique, le Symposium des Conférences épiscopales d'Afrique et de Madagascar (SECAM) a qualifié l'escalade de la crise climatique de double « urgence morale et écologique », exigeant que les nations les plus riches du monde honorent leurs obligations en matière de financement climatique envers un continent qui souffre de façon disproportionnée d'un problème qu'il n'a pas créé.
Cette déclaration, qui émane du sanctuaire des hauts plateaux d'Addis-Abeba, souligne une terrible injustice : l'Afrique subit les conséquences les plus graves des changements climatiques, notamment les sécheresses paralysantes, les inondations dévastatrices et la désertification généralisée, tout en contribuant à moins de 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
« Nous ne pouvons pas continuer à faire des excuses », ont déclaré les évêques, faisant écho au langage du pape François. « Il faut du courage et de la détermination pour s'éloigner résolument des combustibles fossiles.
Un appel à la justice climatique et à l'autodétermination
Les évêques ont fermement rejeté le rôle de l'Afrique comme victime passive, insistant sur le continent doit être « un architecte complet de son avenir écologique ». Ils ont défendu les communautés rurales, riches en connaissances autochtones, en tant que « laboratoires d'écologie intégrale » capables de guider le développement durable.
Le SECAM a préconisé des solutions qui « intègrent l'équité sociale, la dignité humaine et les soins à la création », mettant explicitement en garde contre les « profits à court terme ou les fausses solutions » qui pourraient nuire aux communautés. La déclaration appuie fermement les énergies renouvelables, en particulier l'énergie solaire décentralisée, en tant que clé pour libérer le potentiel de l'Afrique, créer des emplois et atténuer la pauvreté énergétique.
Exiger une responsabilité financière
Dans l'une de ses sections les plus énergiques, la déclaration défiait directement les nations industrialisées de rembourser leur « dette écologique » au moyen d'un financement climatique transparent et accessible. La SECAM a exigé la mise en place rapide du Fonds pour les pertes et dommages, qui prévoit des compensations pour les pays touchés par le climat non pas comme aide mais comme obligation due depuis longtemps.
« C'est une question de justice et de solidarité », ont affirmé les évêques, notant que les communautés vulnérables subissent déjà des effets dévastateurs d'une crise qu'elles n'ont pas causée.
Enracinement dans la foi et l'impératif moral
Fondant leurs revendications dans la foi, les évêques ont invoqué les encycliques du pape François Laudato Si et Laudate Deum. Ils ont cité de Laudato Si, notant que « la terre elle-même, chargée et détruite, est parmi les plus abandonnées et maltraitées de nos pauvres ». Ils ont défini l'action environnementale comme un devoir spirituel et éthique profond, indissociable de la mission de protection de la vie et de la dignité humaines.
Pour faire avancer cette mission, le SECAM s'est engagé à prendre des mesures concrètes, notamment en promouvant la « conversion écologique » dans les paroisses, les écoles et les diocèses; en préconisant, lors des prochains pourparlers de la COP30 sur le climat, une transition juste vers les énergies renouvelables; en créant un Observatoire ecclésial sur la justice climatique; et en s'associant à des organisations éthiques pour construire une Afrique verte et résiliente.
Dans ses remarques finales, le cardinal Fridolin Ambongo, président du SECAM, n'a laissé aucune place à l'ambiguïté. « L'Afrique doit s'élever en tant que voix morale et agent de sa propre transformation », a-t-il déclaré. "La justice, la solidarité et le soin de la création n'exigent rien de moins."
La déclaration place le SECAM comme une voix morale formidable avant les négociations internationales critiques, unissant les appels à l'intégrité écologique et à la justice sociale en une seule demande urgente d'action mondiale.