Stan Chu Ilo, Rapport du Centre des congrès de Kigali, – 1er août 2025
Kigali — Dans un discours puissant prononcé à l'ouverture de la 20ème Assemblée plénière du Symposium des Conférences épiscopales d'Afrique et de Madagascar (SECAM) à Kigali, le cardinal Michael Czerny, S.J., préfet du Dicastère pour la promotion du développement humain intégral, a lancé un appel urgent à l'Église africaine pour qu'elle affronte courageusement les nombreux obstacles à l'épanouissement authentique de l'homme sur le continent.
S'adressant à un public d'évêques, de théologiens et de dirigeants religieux de toute l'Afrique et de leurs partenaires internationaux, le cardinal Czerny, qui a servi en Afrique de 2002 à 2010, a décrit son retour sur le continent comme un « retour ». Il s'est inspiré du thème de l'Assemblée, le Christ, source d'espérance, de réconciliation et de paix, pour souligner la nécessité urgente d'une action pastorale qui intègre la mission de l'Église aux réalités concrètes auxquelles sont confrontées les sociétés africaines aujourd'hui.
"Tout le monde veut le développement," a déclaré Czerny, "mais pour notre Église-Famille de Dieu en Afrique—et pour le Dicastère, aussi—Le plein développement découle de la vie en Christ."
Une Église engagée dans la flottaison holistique
Le Cardinal Czerny a expliqué que son Dicastère, établi par le Pape François en 2017, incarne l'engagement renouvelé de l'Eglise pour le développement humain intégral—une vision holistique qui englobe les dimensions spirituelles, sociales, économiques, politiques et écologiques de la vie. « Nous combinons l'Evangile, la saine doctrine et l'action pastorale efficace », a-t-il déclaré, plaçant le Dicastère comme un pont crucial entre Rome et les Eglises locales.
La mission de Dicastère, a-t-il noté, est profondément enracinée dans la promesse du Christ d'une vie abondante (Jean 10:10), et cherche à accompagner les communautés par des réponses pratiques aux violations de la dignité humaine et des droits humains, l'injustice économique et sociale, le chômage et l'exploitation, la dégradation de l'environnement, les déplacements, la violence et l'insécurité. Il a souligné que ce ne sont pas des « questions globales » abstraites, mais des défis locaux spécifiques auxquels l'Église doit faire face avec courage et compassion prophétiques.
Relever le défi de l'intelligence artificielle
Dans une intervention importante et opportune, le cardinal Czerny a abordé l'influence croissante de l'intelligence artificielle (IA) et ses implications éthiques pour l'Afrique et l'Église mondiale. Citant le pape Léon XIV, il a appelé à « une évaluation sereine et informée de l'IA » qui place la personne humaine au centre.
« L'IA doit être évaluée en fonction de critères éthiques, sociaux et même spirituels solides », a-t-il souligné, mettant en garde contre les développements technologiques qui ne respectent pas la dignité humaine, les valeurs spirituelles et l'intégrité culturelle.
Pour Czerny, l'IA n'est pas seulement une préoccupation technologique—c'est un test pour déterminer si l'Église peut continuer à défendre la justice, l'équité et la réconciliation dans des sociétés en évolution rapide. L'Église africaine, a-t-il laissé entendre, doit non seulement répondre à ces défis, mais aussi offrir des idées critiques enracinées dans ses propres enseignements sociaux et expériences vécues.
SECAM's Vision et le support de la dicastère
Reliant le travail de son Dicastère à la vision exposée dans le document de Kampala SECAM, le cardinal Czerny a réaffirmé l'identité de l'Église en tant que « famille de personnes interconnectées » façonnée par l'amour, la justice, la paix et la responsabilité mutuelle. Il a défié les évêques et les délégués à identifier « les principales joies et espoirs, les chagrins et les angoisses du peuple » dans leurs diocèses et à réfléchir sur la façon dont l'enseignement social de l'Église est vécu et communiqué dans ces contextes.
Il a décrit l'approche à trois volets du Dicastère—Écoute et dialogue, recherche et réflexion, communication et restitution—en tant que cadre pratique pour aider les Églises locales à discerner et à relever les défis du développement. Cette méthode inductive, dit-il, s'inspire de Gaudium et Spes, document Vatican II qui envisage une Eglise située dans l'histoire et attentive aux signes des temps.
En outre, Czerny a souligné les récents efforts de collaboration avec le SECAM, comme la Conférence sur les ressources naturelles et la violence en Afrique, tenue à Accra en 2024. Cet événement, a-t-il dit, a abordé les dommages causés par les industries extractives et donnera de nouvelles orientations pastorales pour guider les Églises africaines dans la lutte contre les injustices environnementales et économiques.
Un moment pour le discernement prophétique
Pour conclure, le cardinal Czerny a posé trois questions pastorales à la réflexion :
1. Quels sont les principaux obstacles au développement intégral dans votre contexte local?
2. Quelles actions pastorales sont prises pour accompagner les gens dans ces luttes?
3. Dans quelle mesure l'enseignement social de l'Église est-il communiqué et incarné localement?
Ces questions, a-t-il insisté, ne sont pas théoriques mais doivent guider une planification pastorale concrète. En les posant, le cardinal Czerny a réitéré l'engagement des Dicastères à marcher aux côtés de l'Église en Afrique dans sa quête de réconciliation, de justice et de paix. Il a affirmé que "l'Église étend une main d'aide aux gens—en particulier les pauvres—dans leur lutte pour surmonter les obstacles à leur développement humain et accomplir leur vocation humaine et divine."
Alors que le SECAM marque sa 20ème Assemblée plénière, l'allocution du cardinal Czerny's est un rappel convaincant que la mission de l'Eglise doit rester profondément incarnée—enraciné dans le Christ, attentif aux cris des pauvres, et audacieux à affronter les forces systémiques qui empêchent l'Afrique de s'épanouir pleinement.