
Niamey, Niger — Ce fut un moment de joie et d’accueil chaleureux lorsque Son Excellence, Mgr Éric Suiviguidi, nonce apostolique pour le Burkina Faso et le Niger, a effectué une visite à Niamey du 22 au 25 mars afin de présenter ses lettres de créance au président Abdourahamane Tiani.
Lors de la messe qu’il a présidée le mardi 23 mars, le nonce a prononcé une homélie marquée par le paradoxe entre le choix humain et la miséricorde divine.
“Parfois, nous faisons des choix qui mènent à la mort, mais malgré cela, nous avons un Dieu dont la miséricorde dépasse nos choix de mort”, a-t-il déclaré, rappelant aux fidèles l’amour constant de Dieu, même face à la fragilité humaine.
“Même lorsque nos choix nous éloignent de Dieu, sa miséricorde ne cesse jamais de nous chercher”
Il a également médité sur la crucifixion du Christ, soulignant que Jésus appelle tous les hommes à Lui.
“Jésus n’est pas seulement la Parole de Dieu, mais Dieu Lui-même”, a-t-il affirmé, insistant sur l’exigence de la foi :
“Soit vous croyez en Jésus, soit vous le rejetez. Il n’y a pas d’intermédiaire.”
Le nonce a encouragé les chrétiens à persévérer malgré les épreuves. Il a reconnu que l’Église au Niger traverse d’importants défis, mais a exhorté les fidèles à ne pas se laisser décourager. S’inspirant de l’histoire des Israélites, il a invité chacun à revenir vers Dieu par la repentance, en ayant confiance en sa guérison et en sa fidélité.
Une mission au cœur du lien entre l’Église et l’État
Après l’homélie, Mgr Laurent Lompo, archevêque métropolitain de Niamey, a remercié le nonce pour sa visite. Il a rappelé que le nonce représente une « double mission » :
Celle du Saint-Siège auprès de l’Église locale, mais aussi auprès de l’État nigérien.
Il a également salué la présence de Mgr Ignatius Anipu, évêque de Maradi, ainsi que celle des nombreux fidèles venus accueillir le représentant du pape.
Éclairage canonique sur la visite du nonce
L’abbé Wilfred Agbanglanon, canoniste diocésain, a expliqué que la présentation des lettres de créance constitue une étape essentielle dans la mission d’un nonce apostolique.
“Lorsqu’un nonce est nommé, il doit présenter ses lettres de créance avant d’exercer officiellement sa mission. Cela établit un lien officiel entre le Saint-Siège, l’État et l’Église locale”, a-t-il précisé.
Selon lui, ce cadre permet à l’Église d’être reconnue juridiquement, d’exercer ses droits et de bénéficier d’une protection institutionnelle, tout en respectant les lois de l’État.
La présence du nonce renforce ainsi ce lien diplomatique et pastoral.
“Le nonce est le signe visible d’un lien vivant entre Rome, l’Église locale et la nation. ”
Réactions pastorales et témoignages
Pour de nombreux fidèles, cette visite a été une source de consolation et d’espérance.
David Sagnan, venu de la région de Makalondi, zone fortement touchée par l’insécurité, témoigne :
“C’est une visite très importante pour nous. Le fait que le nonce vienne jusqu’à nous, au nom du Saint-Père, nous donne du courage. Les fidèles dispersés se sentent soutenus. Cela nous rassure profondément.”
Le père Flavian Akpo, curé de la paroisse Saint Augustin de Bobiel, voit dans cette visite
“Une véritable manifestation de la proximité de l’Église”.
“Cela montre que nous ne sommes pas abandonnés. L’Église reste proche et porte ses fidèles dans la prière”, a-t-il ajouté.
Pour sœur Anastasie, religieuse de Notre-Dame du Perpétuel Secours et directrice de l’École Canada Garçons, cette rencontre est une grâce particulière :
“C’est la première fois que je rencontre un nonce en personne. C’est une grande joie d’échanger avec lui et de recevoir ses conseils.”
Elle souligne également la dimension fraternelle de cette visite :
“C’est une bénédiction pour notre Église. Ce nonce est africain, c’est notre frère. Il nous promet sa proximité, ses prières et sa collaboration.”
Sur le terrain : une atmosphère de joie et d’hospitalité
Au-delà des moments officiels, la visite s’est aussi vécue dans la simplicité des rencontres : salutations, échanges spontanés, discussions entre prêtres, religieux et fidèles.
Dans ces moments de proximité s’est manifestée une Église vivante, fraternelle et solidaire.
“Dans un contexte d’épreuve, la présence de l’Église devient un signe concret d’espérance. ”
Une visite pas comme les autres
Dans un contexte marqué par l’insécurité et l’incertitude, la visite du nonce apostolique apparaît comme un signe fort : celui d’une Église qui ne se retire pas, mais qui s’approche.
Proximité du Saint-Siège, reconnaissance institutionnelle et encouragement pastoral convergent vers une même réalité : une espérance fragile, mais bien vivante.

