125 ans de l’Évangélisation à Ouagadougou : une journée théologique en hommage aux premiers missionnaires

1901–2026 : cela fait 125 ans que les premiers missionnaires ont été reçus et accueillis à Ouagadougou. En hommage à leur courage et à leur sacrifice pour l’annonce de la Bonne Nouvelle sur ce territoire, l’Archidiocèse de Ouagadougou a organisé une journée théologique à la Cathédrale de l’Immaculée-Conception de Ouagadougou, le 13 juin 2026.
Placée sous le thème « Les pionniers de la foi à Ouagadougou : mémoire vivante, flamme missionnaire pour aujourd’hui », cette journée a été marquée par trois communications principales présentées par des théologiens.
La première communication, prononcée par l’abbé Valéry Sakougri, curé de la paroisse Saint-Marc de Nagrin, était intitulée : « Les pionniers de la foi à Ouagadougou : conditions de vie, défis et acquis missionnaires ».
La deuxième communication, donnée par l’abbé Justin Zangre, recteur du Grand Séminaire Saints-Pierre-et-Paul de Kossoghin, portait sur le thème : « Spiritualité missionnaire des pionniers et exigences de la sequela Christi pour les agents pastoraux aujourd’hui ».
Enfin, la troisième communication, « Défis contemporains de la mission et attentes des fidèles à Ouagadougou : que nous dit l’héritage des pionniers ? », a été présentée par l’abbé Étienne Nana, curé de la paroisse Notre-Dame de Fatima de Dassasgho.
Les premiers missionnaires ont apporté l’Évangile à Ouagadougou avec générosité, malgré les défis du climat, de la maladie, de la langue et de l’inculturation.”
Cette journée, dédiée aux agents pastoraux, a enregistré une forte participation de prêtres, de religieuses et religieux, de catéchistes ainsi que de nombreux fidèles laïcs.
Les intervenants ont rappelé les valeurs de générosité et d’altruisme avec lesquelles les premiers missionnaires ont annoncé l’Évangile à Ouagadougou, malgré les difficultés liées au climat, aux maladies — qui ont coûté la vie à plusieurs d’entre eux —, à l’apprentissage de la langue, au dialogue interreligieux, à l’inculturation et à la formation de fidèles capables de transmettre la foi.
Ces valeurs interpellent aujourd’hui l’ensemble des agents pastoraux sur l’espérance et la résilience dont ils doivent faire preuve dans le champ de la mission. En effet, les chrétiens disposent aujourd’hui de moyens bien plus importants que les premiers missionnaires, qui ne maîtrisaient ni la langue ni le territoire et parcouraient de longues distances à pied.
Pour ce qui est de la spiritualité des pionniers, l’abbé Justin Zangre l’a articulée autour de trois piliers : la spiritualité de l’incarnation, du sacrifice et de la vie communautaire. Ces dimensions étaient caractérisées par le primat de Jésus-Christ, la centralité de la Sainte Eucharistie, de solides dévotions ainsi qu’une spiritualité du dialogue et de la rencontre.
Il est urgent de s’inspirer de la spiritualité des pionniers pour construire une Église plus forte, plus missionnaire et une société réconciliée.”
Il est donc urgent, pour les agents pastoraux, les fidèles laïcs ainsi que toutes les personnes de bonne volonté, de s’inspirer de cet héritage spirituel afin de répondre aux défis actuels, pour une Église toujours plus missionnaire et pour une société qui renonce au repli identitaire, à la méfiance, aux guerres et aux violences.
La journée a également permis d’aborder les défis contemporains liés à l’héritage des pionniers de la foi à Ouagadougou. Les échanges ont porté sur le contexte sécuritaire et ses nombreuses conséquences, notamment les déplacements forcés des populations, l’exigence d’une solidarité concrète, ainsi que les mutations sociales, les défis de la jeunesse, la communion ecclésiale et la transmission de la foi.
L’orateur a rappelé la nécessité pour l’Église d’être davantage proche des fidèles, plus missionnaire et plus synodale, en s’inspirant de l’esprit des pionniers de la foi.
Après 125 ans d’évangélisation, l’appel demeure le même : sortir vers les périphéries et vivre la sainteté comme de dignes héritiers des pionniers.”
Puisque, selon le pape Benoît XVI, « L’Église grandit non par prosélytisme, mais par attraction », deux invitations s’imposent aujourd’hui aux agents pastoraux après 125 ans d’évangélisation à Ouagadougou.
La première est celle du pape François, qui invite l’Église à rejoindre les périphéries pour annoncer l’Évangile (Evangelii Gaudium, n° 20). La seconde est l’appel de Monseigneur Prosper Kontiebo, archevêque de Ouagadougou, qui, lors de la messe de clôture de cette journée, a exhorté les agents pastoraux à poursuivre résolument le chemin de la sainteté.
C’est à cette condition que toutes et tous pourront être sel de la terre et lumière du monde, tout en demeurant de dignes héritiers des pionniers de l’évangélisation à Ouagadougou.