
L'attaque surprise dévastatrice du 25 avril, qui a saccagé une partie du Mali et aurait coûté la vie au ministre de la Défense, le général Sadio Camara, a suscité une profonde peur de l'évolution rapide du terrorisme au Sahel. Des groupes rebelles auparavant fragmentés comme Jama ‘at Nusrat al-Islam wal-musulmanin (JNIM) et le Front de libération de Azawad – Front de libération de l'Azawad (FLA), autrefois des rivaux amers, ont uni leurs forces pour s'emparer du territoire dans toute la région lors de l'attaque du 25 avril. Ce qui est le plus troublant, c ' est que, alors que les terroristes s ' unissent et élargissent leur portée, les nations du Sahel restent profondément divisées et continuent de perdre du terrain malgré les efforts déployés par les autorités pour contenir la violence.
« Comme les groupes terroristes se coordonnent au-delà des frontières, les États sahéliens restent politiquement fragmentés et militairement surchargés. »
Une crise enracinée dans les griefs historiques et l'effondrement structurel
The crisis in Mali is not limited to terrorism but has its roots in historical grievances, corruption and structural collapse. The origins of the crisis date back to 2012, when Tuareg rebels allied with Jihadist groups to launch an armed rebellion for an independent state of Azawad in the Northern region. This instability prompted the 2013 French military intervention, culminating in the launch of Operation Serval, which later evolved into Operation Barkhane in 2014 and finally led to a peace agreement with the Front liberation for Azawad in 2015. However, years of political corruption in Bamako and the failure of French Forces to successfully eradicate the insurgency fuelled intense anti-French sentiment and widespread domestic frustration. This political instability culminated in a 2021 military coup led by Assimi Goïta, whose nationalist junta eventually expelled French forces and, by 2024, officially abrogated the 2015 peace accord.
L'effondrement du cadre de paix a contribué à l'émergence d'une alliance ethnopolitique entre JNIM et le Front de libération de l'Azawad (FLA), qui a lancé des attaques coordonnées à travers des parties de Bamako, Kati, Gao, Mopti et Sevare le 25 avril 2026. Le Mali est aujourd'hui confronté à une grave crise duale, luttant simultanément contre les séparatistes touaregs azawad et contre l'insurrection djihadiste à la recherche du pouvoir islamique. Alors que le gouvernement militaire de Bamako accuse la France d'ingénierie de la dernière attaque dans une tentative de renverser le gouvernement, une allégation que la France nie, la situation sécuritaire sur le terrain reste très volatile. Malgré les revendications de contrôle du gouvernement, les récentes attaques présumées d'Al-Qaïda à Mopti ont tué 50 villageois, soulignant l'extrême difficulté de combattre un ennemi asymétrique qui a infiltré massivement la population locale.
Les dangers d'un Sahel fragmenté
Le Sahel est devenu un épicentre mondial du terrorisme, qui représente aujourd'hui 51 % de tous les décès liés au terrorisme dans le monde. La région est ravagée par une série de groupes insurgés, dont les FLA, JNIM et la province du Sahel de l'État islamique (ISSP/ISGS). Cette menace se développe rapidement vers le sud dans les régions côtières du Bénin et du Togo. Dans le même temps, le Burkina Faso sans littoral fait face à des assauts multifrontaux et la République du Niger combat simultanément des factions terroristes distinctes à travers ses frontières occidentale, sud-ouest et sud-est. Un exemple récent de cette volatilité a été le 4 mai, lorsque Boko Haram a attaqué une base militaire dans la région de Barka Toloron du lac Tchad, tuant 23 soldats et en blessant 26 autres. Cette crise est aggravée par la collaboration croissante et dangereuse entre ces factions terroristes, qui exploitent activement l'instabilité régionale pour prendre le contrôle de vastes territoires.
« Le Sahel compte aujourd'hui plus de la moitié des morts liées au terrorisme dans le monde. »
Selon Peter Bouckaert, directeur principal de Fortify Rights, le Sahel représente actuellement la plus grande opportunité pour le mouvement djihadiste mondial. La solution purement militaire à la montée de ces groupes d ' insurgés, ainsi que les opérations impliquant des tactiques lourdes ou des massacres militaires de civils et de jeunes hommes, ont conduit les populations locales à s ' ingérer directement dans les armes des mouvements djihadistes pour se protéger ou se venger, alimentant ainsi le cycle du recrutement et de la violence.
Cette vulnérabilité est motivée par une combinaison de gouvernements régionaux faibles, d'une crise alimentaire liée au climat, et du vide sécuritaire laissé par le retrait des forces françaises, qui précédemment tenaient ces groupes islamistes à l'écart. Bouckaert avertit que, sans intervention urgente, la région sera confrontée à la grave menace de l'effondrement d'un État semblable à la Somalie, mettant en péril la sécurité régionale et mondiale. En fin de compte, la lutte contre le terrorisme est gravement entravée par de profondes fractures politiques, la région étant divisée entre la nouvelle Alliance des États du Sahel (AES), composée du Mali, du Niger et du Burkina Faso, et le bloc de la CEDEAO.
« Un Sahel divisé risque de devenir un corridor permanent d'insurrections qui s'étend en Afrique de l'Ouest. »
Alors qu'un Sahel fort et uni pourrait fondamentalement changer le cours de la guerre, la profonde méfiance, la politique sale, la corruption et l'ego régional rendent cela impossible. Si les gouvernements sahéliens ne mettent pas de côté leurs divisions et ne s'unissent pas contre ce réseau croissant de groupes extrémistes armés, la région risque de se transformer en une zone fortement fragmentée de factions terroristes concurrentes, reflétant l'instabilité à long terme du Moyen-Orient.

