
Vivant avec un Husky sibérien, on est obligé d'étudier son comportement. Parmi ses nombreuses façons excentriques de communiquer et de montrer qu'il est attentif à son environnement, il y a sa façon vivante d'essayer de se concentrer sur ce qui stimule ses sens. Sa tête et ses yeux se déplacent d'un objet à l'autre comme s'il avait une obligation existentielle de saisir l'essence des objets sur lesquels il a fixé son regard. De la même manière, lire à travers les textes du troisième dimanche de l'Avent, on est forcé de poser la question, comment faire un lien entre le motif du désert qui est magnifiquement capturé dans la lecture d'Ésaïe (35:1-6a, 10), où le désert est présenté d'une manière perturbatrice qui va à l'encontre de l'expérience même des humains qui savent ce que le désert a tendance à être, et la lecture de l'Évangile de Matthieu (11:2-11), où le contenu du disciple en Christ est étendu à la puissance épiphanique que le désert exsude, en particulier dans et par le ministère de Jean-Baptiste. Dans cette brève réflexion, j'ai l'intention de démontrer le lien qui peut être fait entre ces deux foyers apparemment différents des textes respectifs. Pour bien le faire, j'utiliserai deux modes de connaissance, de sens et de sens.
Ceux qui connaissent le terrain d'un désert se souviennent de la dureté du terrain. Tout est à l'extrême. C'est trop sec. Il fait trop chaud pendant la journée. C'est trop venteux. Il fait trop froid la nuit. Rien ne semble être modéré. Ce que j'ai décrit ici est dans le domaine de la création de sens. Sense-making consiste à regarder en arrière et à comparer l'expérience actuelle avec ce qui s'est passé dans le passé et dont la signification a été « réglée » en tant que telle. Il s'agit de comparer et de trouver les contours familiers de l'expérience actuelle. Quand on voit les contours et relie le sens passé à l'expérience actuelle, l'expérience actuelle est donc catégorisée.
Sense-making regarde en arrière pour la familiarité ; sens-making ouvre en avant dans le mystère. La foi de l'Avent commence là où le monde familier atteint ses limites et où l'imagination humaine est invitée à faire confiance à Dieu au-delà de ce qu'elle sait déjà."
Dans cet esprit, Jésus pose une question à la foule tout en validant le ministère de Jean-Baptiste : « Qu'êtes-vous allés voir dans le désert ? » Comme d'habitude, il indique leur monde de sens en faisant allusion à ce qui doit être attendu – « un roseau balayé par le vent ? » Il leur rappelle même leur intention naturelle, motivée par la curiosité : ils veulent rencontrer un prophète qui a renoncé aux plaisirs de la vie et consacré sa vie à Dieu. Cela dit, Jésus déploie ce qui est au-delà du monde du sens, une orientation vers un monde du sens.
La signification est une orientation vers un nouvel horizon où le monde familier a ses limites. À la limite des limites, un monde nouveau s'ouvre, un monde que l'ancienne langue ne peut décrire. C'est un monde où les vieux marqueurs référentiels sont redondants; où tout ce qu'on peut dire être ses marqueurs de définition sont à proximité de ce qui est dans le domaine du familier et pourtant fait de la limitation le motif de l'inconscience. Comment ça ? Les frontières herméneutiques du monde familier, comprises par la création de sens, cèdent la place au monde inconnu qui ne peut être rencontré que par le passage à la création de sens.
La signification, c'est l'ouverture aux nouvelles expériences, rendue possible par l'Esprit Saint, qui est l'énergie du renouveau et de l'imagination nouvelle. L'Esprit, qui est la source du langage transformateur de la vie, est celui à qui ceux qui embrassent l'expérience de la signification doivent se tourner. Cela dit, Jésus rappelle à son public que Jean-Baptiste, qui vit dans le désert, transcende le monde de la création de sens. Il est précurseur d'une nouvelle réalité, d'une nouvelle vision, d'une nouvelle vie, d'une nouvelle humanité qui se déploie dans le monde, en commençant par la foule qui le rencontre.
La signification appelle les croyants à demeurer au bord de ce qu'ils savent, où l'ancienne langue échoue et où une nouvelle imagination devient possible. C'est ici, aux limites du contrôle et de la familiarité, que l'Esprit Saint ouvre un nouvel horizon—où le disciple n'est plus défini par la certitude, mais par la confiance en Dieu, la promesse de renouveau, de transformation et d'abondance surprenante."
Le Prophète Isaïe, comme tous les prophètes de Dieu, incarne une voix qui appelle tous à embrasser un monde de sens où de nouveaux commencements, de nouvelles idées, une nouvelle humanité, une nouvelle logique sociale et de nouvelles identités peuvent se réaliser. Ainsi, il continue à décrire le désert en augmentant son contenu sensuel. La vision familière du désert doit maintenant céder la place à l'inconnu. Dans le désert, l'endroit où le précurseur de Jésus, Jean-Baptiste, appellerait un jour sa maison alors qu'il sert au peuple de Dieu, l'abondance en définira le contenu. Les fleurs fleuriront en abondance. Les jardins luxuriants du Liban définiront le désert. Là où la peur façonnait la vie de ceux qui vivaient dans le désert, le courage sera maintenant la réalité. Là où l'environnement poussiéreux causait la cécité, la vue deviendra une réalité. Tout ce qui définit les marginalités comme le désert qu'on connaissait va maintenant céder la place à l'abondance, à l'inclusion et à la joie.
Ainsi, le lien de Jean-Baptiste au ministère et à la vie de Jésus-Christ parle au lien de Dieu avec tous ceux qui souffrent dans le monde des marginalités qui ont été créées par les puissances du mal dans le monde. Ceux qui souffrent dans un tel monde seront rendus entiers d'une manière nouvelle qui transcende le monde familier de la création de sens. Dans la promesse de Dieu Parole prononcée par Ésaïe, la nouvelle réalité qui arrive à Dieu, les gens ne peuvent être parlés que d'utiliser le langage de la création de sens. Mais un tel langage ne naît pas de la création humaine. C'est un don que seul Dieu peut donner.
L'espérance de l'Avent n'est pas un retour à ce qui a été perdu ; c'est le don de la transcendance de Dieu—un monde nouveau où la guérison ne signifie pas revenir en arrière, mais se transformer au-delà de la logique de la souffrance."
Jésus-Christ est le contenu de ce don par lequel la nouvelle réalité que l'Avent détient pour tous doit être parlée dans la nouvelle langue de vie. Cette vérité peut être difficile à embrasser pour tous ceux qui ont énormément souffert entre les mains de ceux qui jouent Dieu et qui exigent l'idolâtrie du monde de la création de sens, où le contrôle et la manipulation règnent suprêmement. Pourtant, si l'on veut faire confiance à Dieu, les lectures de ce troisième dimanche de l'Avent sont la promesse alliancenelle de Dieu que le monde nouveau où la vie et la joie de Dieu sont en abondance est sur le point d'aube sur tous. Simplement dit, l'Avent peut être résumé dans les mots suivants d'Isaïe – "Soyez forts, ne craignez pas!"
Dans l'Esprit d'Isaïe, ceux du Soudan qui subissent la guerre génocidaire insensée, ceux de Palestine qui ne sont pas chez eux, ceux de Russie et d'Ukraine qui sont pris dans la guerre de Poutine, ceux d'Israël qui sont retenus captifs par la peur de leurs voisins palestiniens à cause de la peur produite de l'autre, ceux du nord du Nigeria qui continuent à souffrir sous l'attaque de bandits et de fondamentalistes religieux islamiques, ceux du Venezuela qui sont incertains alors que les États-Unis utilisent leur puissance militaire pour intimider leur pays, rappelez-vous que Dieu vous promet et notre monde cet Avent"Sois fort, ne crains pas !"

