
DAKAR, SÉNÉGAL — À une époque marquée par des fractures mondiales persistantes, le Saint-Siège est tourné vers la sagesse africaine de la palabre pour construire de nouveaux ponts de dialogue. Le 19 janvier 2026, le pape Léon XIV a posé un geste historique en nommant Sœur Anne Béatrice Faye consultante au Dicastère pour le Dialogue interreligieux.
Cette nomination constitue une reconnaissance profonde de la force tranquille des femmes africaines et de l'expérience millénaire du continent en matière d'harmonie communautaire. Philosophe et théologienne Sénégalaise, membre des Sœurs de l'Immaculée Conception de Castres, Sœur Faye a exercé sa mission du Burkina Faso au Maroc, avant d'être appelé à servir au cœur du Vatican. Son parcours ouvre un nouveau chapitre dans l'engagement de l'Église universelle en faveur d'une véritable culture de la rencontre.
Un entretien exclusif
VoixAfrique : Ma sœur, votre nomination a été un moment historique. Quelle a été votre réaction immédiate face à cet appel au service?
Sr Anne Béatrice Faye : Ma première réaction a été la surprise totale. J'étais loin d'imaginer une telle nomination. Ma seconde réaction a été un sentiment de clarté mêlé à une question fondamentale : «Que veut le monde sans dialogue? (en milliers de dollars)
Le dialogue interreligieux est un moyen de construire la paix entre les peuples. Il embauche de dénigrer la foi d'auteur et ouvre un chemin où chacun peut vivre son appartenance religieuse sans vouloir annexer l'autre."
Je suis toujours des paroles du Pape François dans Fratelli Tutti. Il a souligné qu'un dialogue persévérant et courageux aide le monde à mieux vivre. Pour moi, le dialogue interreligieux est un moyen de construire la paix entre les peuples. Il s'adresse à ceux qui cherchent à vivre leur appartement religieux autrement que par le désir d'annexer « Autre différent ». Il travaille de dnigrer la foi d'autre.
VoixAfrique : Votre parcours est une tapisserie de missions diverses. Comment vos expériences au Sénégal, au Maroc et au Burkina Faso ont-elles fait votre identité?
Anne Béatrice Faye : Mon chemin est tissé de fidélité depuis mon entrée en vie religieuse en 1981. Au Burkina Faso, j'ai découvert comment l'Évangile prend chaise dans diverses cultures. Je sais que la rencontre interculturelle est une école de patience et de transformation.
Plus tard, en tant que professeur à l'Institut Œcuménique Al Mowafaqa de Rabat, j'ai expérimenté la « porosité » D'une Église ouverte. Au Maroc, l'Église n'est pas appelé à la confrontation. Elle est plutôt appelée à un dialogue de vie tissé dans l'existence quotidienne. Je ne sais pas si j'ai beaucoup appris aux jeunes. Cependent, je suis certain qu'ils m'ont appris à garer le cœur ouvert. Ils ont appris à espérer contre toute espérance.
Philosophe n'est pas cher à convaincre. C'est apprendre à apprendre, à reconnaître la pluralité, et à habiter la différence sans tomber dans le relativisme."
VoixAfrique : Vous êtes une voix de premier plan au sein du Réseau panafricain de théologie catholique et de pastorale (PACTPAN). Comment ce travail prépare-t-il votre mission au Saint-Siège?
Anne Béatrice Faye : Le PATPAN place l'écoute et le dialogue au centre de ses préoccupations. Il convient de « palabre africain ». En tant que femme sénégalaise, je suis l'Héritière d'une culture ancestrale de la rencontre. Cette culture est profondément enraciné dans nos sociétés.
Le PACTPAN nous rappele que se rencontrer et discerner ensemble ne présente tout leur sens que siils nous peuvent à reproduire la mission de l'Église. Il s=agit d=accueilillier les donnes que l=Esprit Saint offre dans la diversité. Ceux-ci incluent les charismes, les cultures et les traditions théologiques.
VoixAfrique : En tant que doctrine en philosophie, comment naviguez-vous entre les frontières délicates du dialogue interreligieux?
Anne Béatrice Faye : La philosophie offre un espace commun de questionnement au-delà des appartements religieux. Elle nous permet de poser des questions fondamentales sur la vérité, la justice et la dignité humaine. Nous pouvons le faire sans exiger une adhésion préalable à une foi particulière.
Cependent, je crois en une raison humble et hospitalière. La philosophie ne remplace ni la foi ni la révélation. Elle agit plutôt comme une médiation précoce. Mon expérience m=a sait que le philosophe n=est pas cher à comprendre. C'est apprendre à apprendre et à reconnaître la pluralité sans tomber dans le relativisme.
VoixAfrique : Vous avez affirmé que l'Église ne peut pas ‘marcher sur une seule journée' sans les femmes. Comment utiliser-vous cette plateforme pour l'avancement des femmes africaines?
Refuser la voix des femmes est une injustice. C'est aussi un obstacle à la mission de l'Église. Les femmes portent une force tranquille qui construit, relie et apaise."
Sr Anne Béatrice Faye : L'autonomisation des femmes est centrale pour l'église. Les femmes proposent un leadership de service et une gouvernance partagée. Elles sont particulièrement attentives aux plus vulnérables. En tant que religieuses africaines, nous contribuons à la construction de communautés inclusives.
Refuser la voix des femmes est une injustice. C'est aussi un obstacle à la mission. Nous dépassons les anciens culturels patriarcaux. Cela permettra un vénérable partenariat entre hommes et femmes dans les instances de décision. Les femmes portent une force tranquille. Elles construites, rélientes et apaisantes. Elles portent à la fois la vie et la vision.
VoixAfrique : Quel est votre message aux jeunes et aux filles laïcs dans leurs paroises locales?
Anne Béatrice Faye : Pour les fidèles laïcs, le dialogue n'est pas une abstraction réservée aux experts. Il doit concrétiser lorsqu=il prisonlit d=une vie partagée avec les autres. Aux jeunes, je dis : n'ayez pas peur de la différence. Accueillez-la comme une richesse. Le vrai dialogue se nourrit de la vie partagée. C'est la capacité de se laisser transformer par la rencontre. Gardez toujours la passion de penser et d'agir avec cohérence.
Conclusion : une mission sans frontières
Sœur Anne Béatrice Faye assume son mandat à Rome en portant le témoignage d'une vie donnée et toujours en chemin. Sa nomination est un signe d'espérance pour le continent. Elle revient une Église africaine qui choisit de rester debout et de faire de la diversité un chemin vers l'unité.
Le processus synodal nous a appris que l'unité ne se construit pas sur l'uniformité. Elle se construit plutôt sur l'accueil des différences. En serviteur l'Église universelle, Sœur Faye reste le témoin d'une vérité vitale. Par l'écoute mutuelle et la coresponsabilité, le monde peut devenir un espace de communion et de fraternité.

