
Le 14 novembre 2025, PLAN D'ACTION et SECAM hébergé d ' Afrique pâleur présenter l'Exhortation pastorale du Pape Léon XIV Dilexi Te (Je t'ai aimé). L'événement a réuni des érudits, du clergé, des militants, des fidèles laïcs du Christ et des agents de changement de tout le continent et au-delà.
Parmi les voix les plus frappantes se trouvait Mgr Stephen Dami Mamza de Yola—connu pour vivre côte à côte avec des familles déplacées. Son message a traversé la pièce : L'Afrique n'a plus besoin de charité seule; elle a besoin de justice.
Pour lui, le rassemblement n'était pas une théorie académique, mais une "la rencontre des cœurs et des esprits."
Ce n'est pas un appel à la pitié, mais une demande de justice prophétique.
La logique eucharistique : définir l'amour
Mgr Mamza, également vice-président du Symposium des Conférences épiscopales d'Afrique et de Madagascar (SECAM), cadre Dilexi Te par contraste avec le Pape François "Il nous a aimés" (Numéros de dilexit) avec la déclaration plus intime du pape Léon XIV, "Je t'ai aimé." Ce changement construit un pont entre l'amour que nous recevons et l'amour actif que nous sommes appelés à incarner.
Il insiste sur le fait que la vraie sainteté est mesurée par notre capacité à aimer la société. L'Exhortation exhorte l'Église africaine à traduire chaque acte de soin en un "fragment de l'Eucharistie vécue dans le monde", ce qui signifie que le Corps reçu à l'autel doit devenir le corps servi dans la rue.
Dessin des camps de Yola: l'amour rendu crédible
S'inspirant de son travail humanitaire à Yola, Mgr Mamza parle d'expérience vécue. Depuis 2014, suite aux vagues de violence de Boko Haram dans le nord du Nigéria, le diocèse de Yola a abrité des dizaines de milliers de personnes déplacées. Mamza, par l'intermédiaire de la Commission pour la justice, le développement et la paix/Caritas (JDPC/Caritas Yola), a coordonné la distribution d'aliments d'urgence, les programmes de guérison des traumatismes, les initiatives de paix interreligieuses et la reconstruction des villages détruits.—notamment la reconstruction de Ngalda et de Kojoli, où des communautés entières ont pu rentrer chez elles.
Sa crédibilité, dit-il à l'Église, ne vient pas d'insignes épiscopals ou d'infrastructures diocésaines, mais de tendresse et d'humilité forgées dans la poussière des camps de personnes déplacées.
Confronter les chaînes du péché structurel : La dimension politique
Un défi central soulevé lors des discussions palaver concerne les barrières structurelles à l'amour authentique. Pour l'Eglise en Afrique, les chaînes les plus profondes liant les pauvres sont des échecs systémiques.
Le P. Uchechukwu Obodoechina, Vice-Secrétaire général de la SECAM et Coordonnateur de la justice et de la paix, a décrit l'Afrique comme un « continent saignant à différents moments des conflits, de la pauvreté, des migrations et de la traite des êtres humains », motivé par « une mauvaise gouvernance, la corruption et une mauvaise gestion des ressources ».
Le père Peter Conte, directeur exécutif de Caritas, responsable des communications et président du Conseil des prêtres en Sierra Leone et vice-président des prêtres en Afrique de l'Ouest, a souligné les péchés internes tels que « l'égoïsme et le tribalisme », qui entravent la juste répartition des ressources données par Dieu et exposent une crise.
Dr Maryse Quashie—l'un des présentateurs, un conférencier retraité et un travailleur charitable—a amplifié cette critique:
Elle a fait valoir que ces échecs sont systémiques, non seulement des déchéances morales individuelles, et exigent l'engagement direct de l'Église.
Le miroir intérieur de l'Église : responsabilité et humilité
L'Exhortation a également servi de miroir, incitant l'Église à examiner ses propres priorités et son mode de vie.
Pamela Matambanadzo, une ancienne vice-présidente territoriale internationale pour l'Amérique 1, a abordé le document personnellement :
Le P. Uchechukwu défia encore plus directement l'Église, demandant: Nos structures, religieux et religieux appartiennent - ils à la catégorie des pauvres?
Il a soutenu que l'Eglise doit « réexaminer ses priorités » pour s'aligner sur l'appel à la justice des Évangiles.
Un appel au partenariat, pas à la pitié : la voie à suivre
Le rassemblement de PALAVER a insisté sur le fait que le chemin de l'Eglise doit être fondé sur l'autonomie et la justice, et non sur la dépendance perpétuelle.
Les participants ont souligné que les Africains doivent être enseignés « comment attraper le poisson, pas seulement recevoir le poisson des étrangers ».
Les enjeux de cette double conversion—interne et externe—sont profonds. Une Église qui reste dans une zone de confort charitable, sans affronter les systèmes qui nécessitent la charité, risque de devenir fonctionnellement hors de propos : un spectateur compatissant dans un monde noyé dans l'injustice. Inversement, une Église qui embrasse cette vision prophétique et autonome n'offre pas seulement de l'aide, elle offre à l'Afrique une âme renouvelée.
Mgr Mamza's ministère à Yola—fournir un abri à des dizaines de milliers de personnes déplacées et reconstruire des maisons—est un plan vivant pour Dilexi Te.
“Serons-nous complices du désordre de l'amour—Ou réordonnerons-nous nos vies, nos ministères et nos politiques pour servir de sages-femmes d'Afrique?”


1 commentaire
L’Eglise en Afrique, après plus 100 ans d’existence doit pouvoir maintenant être capable de son autonomie : autonomie en terme de la qualité des agents pastoraux et non les professionnels ritualistes faiseurs de sacrements, les porteurs des insignes religieux séducteurs mais dont les guerres intestins, fratricides dénaturent la glorieuse rédemption accordée par le Fils de Dieu à l’humanité entière. Si cette autonomie se veut d’abord anthropologique, elle nous ouvre à la crédibilité d’amour du prochain par le biais des projets et des actions concrets. C’est une autonomie développementaliste et non plus livresque. Elle est le déjà et l’aujourd’hui de la pratique évangélique. La metanoia
de cette autonomie humaniste et développementaliste est le reflet exigent de l’agape christique pour l’humanité sans rien vouloir pour un soi égoïste et égocentrique mais animée par un altruisme sacrificiel et oblatif où chaque personne humaine prise dans sa singularité, s’extasie devant l’infinie bonté de Dieu sans discrimination aucune. Pour moi c’est ce à quoi nous invite Dilexi te.